En début d’année, une annonce a semé l’inquiétude chez des milliers de curistes : le gouvernement envisageait de réduire drastiquement le remboursement des cures thermales. Une mesure qui aurait multiplié le reste à charge par quatre. Bonne nouvelle : ce projet n’a finalement pas été retenu.
Voici ce que vous devez savoir sur le déremboursement des cures thermales, l’état exact de la prise en charge en vigueur, et les démarches à suivre pour optimiser votre remboursement.
Le déremboursement des cures thermales est-il confirmé pour 2026 ?
Un projet initial qui inquiétait le secteur
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026 contenait initialement une mesure choc. Le taux de remboursement du forfait thermal aurait chuté de 65 % à seulement 15 %. Pour les patients en affection de longue durée (ALD), la prise en charge serait passée de 100 % à 65 %.
Le secteur thermal a immédiatement réagi. Professionnels de santé, agents thermaux et associations de curistes ont mené un plaidoyer collectif. Leur argument était clair : une telle mesure aurait découragé massivement les patients de suivre une cure conventionnée.
Le recul du gouvernement et les garanties obtenues
Le PLFSS 2026 a été adopté définitivement le 16 décembre 2025, sans aucune mesure de déremboursement. Amélie de Montchalin, ministre de l’Action et des comptes publics, a confirmé le 10 décembre 2025 qu’aucune économie sur les cures thermales n’était envisagée pour 2026.
La ministre s’est également engagée à ne prendre aucun décret allant à l’encontre du remboursement des cures, sans l’accord préalable de l’Assemblée nationale. Denis Fégné, député socialiste des Hautes-Pyrénées, a tout de même adressé un courrier officiel pour demander une confirmation écrite. Une précaution légitime pour sécuriser ces garanties au-delà de 2026.

Ce que le déremboursement aurait coûté aux patients
Des taux de remboursement divisés par quatre
Le projet initial prévoyait une réduction de 77 % du taux de remboursement du forfait thermal. Ce n’est pas une nuance comptable : c’est une transformation radicale de l’accessibilité aux soins thermaux.
Pour rappel, voici les taux actuellement maintenus en 2026 :
- 65 % du forfait thermal (soins prodigués sur place).
- 70 % de la surveillance médicale et des actes complémentaires.
- 55 % des frais de transport (calculés sur base SNCF 2e classe).
- 65 % des frais d’hébergement (plafonnés à 150,01 €, soit 97,50 € remboursés).
- 100 % pour les patients en ALD, accident du travail ou maladie professionnelle.
Un exemple concret de surcoût sur une cure complète
Pour une cure thermale dont le forfait s’élève à 975 €, voici la différence de reste à charge :
| Scénario | Taux remboursé | Reste à charge |
| Situation actuelle (2026) | 65 % | 340 € |
| Projet initial (annulé) | 15 % | 828 € |
Le surcoût aurait atteint 488 € supplémentaires par cure, soit une augmentation de 243 %. Franchement, avec de tels chiffres, beaucoup de patients auraient simplement renoncé à leurs soins.
Vous vous demandez combien coûte précisément une cure thermale ? Découvrez notre article complet dédié aux tarifs de ces cures.
Comment fonctionne le remboursement des cures thermales et quelles démarches suivre ?
Le remboursement d’une cure thermale ne s’obtient pas automatiquement. Plusieurs conditions doivent être réunies en amont.
La cure doit être prescrite par un médecin et correspondre à une orientation thermale figurant sur la liste officielle reconnue par l’Assurance Maladie. Seules les cures conventionnées et prescrites sont prises en charge. Les cures privées ou de confort, sans prescription, restent intégralement à votre charge.
Il existe également un plafond de ressources : 48 060 € par an en 2026 pour bénéficier du remboursement. En dessous d’un revenu de 14 664,38 € pour une personne seule, des indemnités journalières peuvent s’ajouter.
Voici les étapes administratives à suivre :
- Faire remplir et signer le formulaire Cerfa n°11139 par votre médecin prescripteur.
- Joindre une déclaration de ressources à votre dossier.
- Envoyer l’ensemble à votre CPAM, qui traitera votre demande en environ 15 jours ouvrés.
- Recevoir l’accord de prise en charge (formulaire Cerfa n°11140), qui ouvre droit au tiers payant pour certains frais.
Ce dernier point est souvent négligé. Demandez cet accord avant le début de votre cure pour éviter d’avancer des frais inutilement. La durée réglementaire d’une cure reste fixée à 21 jours en 2026.

Ce que votre mutuelle peut couvrir sur le reste à charge
Même avec une prise en charge à 65 % par l’Assurance Maladie, un reste à charge subsiste. C’est là qu’intervient votre complémentaire santé.
Les contrats varient fortement d’un assureur à l’autre. Certaines mutuelles couvrent uniquement le ticket modérateur sur les soins. D’autres proposent une couverture bien plus large. À titre d’exemple, Axa propose jusqu’à 400 % de la base de remboursement Sécurité Sociale pour les soins thermaux, ainsi qu’une prise en charge allant jusqu’à 400 € par an pour l’hébergement et le transport.
Avant de réserver votre cure, vérifiez précisément ce que couvre votre contrat sur trois points :
- Le forfait thermal (soins sur place).
- Les frais d’hébergement.
- Les frais de transport.
Une fois l’accord de prise en charge reçu de la CPAM, vous pouvez transmettre les justificatifs à votre mutuelle pour obtenir le remboursement complémentaire. Les délais et modalités dépendent de votre contrat.
Le déremboursement des cures thermales n’aura donc pas lieu en 2026. Les taux sont maintenus, les démarches restent inchangées. Ne laissez pas l’inquiétude vous dissuader de planifier votre cure : vérifiez vos garanties mutuelles, préparez votre dossier administratif, et profitez pleinement de votre prise en charge.

